L'INDICATEUR N°31
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INVITÉE : Claire DOUTRELANT
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Désormais il vous est possible de consulter ou de télécharger tous les numéros précédents de L'INDICATEUR.
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Pour cela rendez vous sur le site, à la page INDICATEUR, consultez la liste figurant en pied de page et cliquez sur le numéro vert correspondant en fin de ligne
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Voici le deuxième d'une série de trois numéros de l'INDICATEUR consacrés à la composition d'une pièce dédiée à Mésange Bleue et qui sera entièrement réalisée à partir des sons qui me seront fournis par cet oiseau.
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Je mène cette expérience pour la première fois, ne sachant pas, aujourd'hui même, de quoi seront faits les prochains numéros...
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Souhaitons surtout que la musique qui en sortira sera digne de la proposition qui m'est faite par l'oiseau!
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LA MÉSANGE BLEUE (2)
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Cet après-midi je travaille sur des paysages de mésanges.
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Je réalise toujours mes portraits sonores après avoir enregistré des plans larges dans lesquels l’oiseau soliste n’est pas encore isolé par le jeu des micros et de la proximité. Pour ma composition j’aurai sans doute besoin de ces plans larges. Sans doute y découvrirais-je des détails utiles à mon projet. Il sera peut-être aussi intéressant de placer mes figures sur un fond tout simplement fourni par la nature… positionner ce qui sera “évidemment” composé, sur un paysage cohérent, le plus naturel possible, tel qu’il s’est présenté à moi…
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En fait, je dispose de très nombreux plans larges, en provenance de divers lieux et réalisés à des époques différentes, avec des équipements eux aussi différents.
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Pour moi, la question est de faire un tri, donc de faire de nombreuses écoutes et comparaisons en studio.
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Je cherche à la fois une séquence qui me parle d’espace sonore, de profondeur de champ… quelque chose qui pourrait constituer un fond de tableau, un décor valorisant la composition…
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J’en trouve un, fragile, quasi niente, pianissimo, mais marquant bien une présence des Mésanges bleues. Cette courte séquence devrait laisser assez d’espace entre le premier plan qui tiendra le discours musical, et le fond du tableau.
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Je vais tenter de travailler ce fond en variations de vitesse, juste pour voir. Ralenti de moitié, puis au quart de la vitesse, et peut-être même encore plus lent. Chaque fois que je descends la vitesse de moitié je double la durée, mais aussi et surtout l’espace et la profondeur de champ, c’est ça qui m’intéresse le plus.
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D’autres plans ont été captés au moyen d’un dispositif autonome installé à proximité d’un nid, enregistrant tous les matins au lever du jour, en mon absence, pendant une petite semaine de printemps. Un moyen d’espionner le quotidien d’une famille au printemps, au moment du nourrissage. Un petit paysage sonore sur lequel je n’interviens pas, au moins pendant la prise de son.
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En réalité, il s’agit plutôt d’une scène de la vie quotidienne des mésanges qu’un simple paysage. Et tout y semble très proche et très vivant. Un moment d’hyper activité des oiseaux au petit matin, avec tous ces allers/retours, toute cette agitation, les petits bruits annexes dans les branches, ces froissements d’ailes, ces tourbillons en vol… je m’arrête sur une séquence bien définie… pas mal… sans doute un peu long, mais je pourrai resserrer le temps.
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Ce deuxième tableau, je le travaille un peu au montage, pour hiérarchiser les sons, sa progression et les rythmes… je suppose qu’il sera plutôt entendu au début… mais je n’en suis pas certain,
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En musique concrète, on travaille concrètement, on essaye, on écoute, on vérifie, on choisit, on tente toutes les solutions, on ne spécule pas on expérimente.
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En fin de compte je me retrouve avec deux séquences.
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J’appelle la première “agitation”… la deuxième “profondeur”.
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Je les travaille pour en faire des séquences cohérentes, sans que les montages puissent être entendus.
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Pour agitation c’est assez simple, le son est bon, donc pas de filtrages, peu de montage, la séquence est très courte et bien vivante.
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Je pense que je n’utiliserai pas de traitements électroacoustiques : pourquoi ajouter quelque chose à une séquence si naturelle ? Tout son artificialisé s’entendrait comme tel, et apparaitrait comme un parasitage de l’image sonore… Tout cela m’oriente vers quelque chose de très figuratif, de simplement figuratif. C’est une simple photographie sonore.
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Il y a là-dedans beaucoup de mouvements gauche/droite, presque de la violence…
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Un Rouge gorge au second plan semble observer la scène et la commenter...
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Certains impacts sur le tronc auquel est fixé mon enregistreur se transmettent par voie mécanique… cela ne me dérange pas.
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Pour profondeur, c’est un peu différent.
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Je reste figuratif, dans la mesure où je n’interviens pas sur le déroulé de la séquence, dans la mesure où je n’utilise aucun traitement. Je me contente de faire des ralentis. Pour moi, le ralenti n’est pas une transformation du son, c’est juste une écoute au ralenti qui ramène les sons à mon échelle temporelle.
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La variation de vitesse, c’est même mon principal outil d’écoute approfondie, la paire de jumelles de l’audio-naturaliste. Regarder les choses avec des jumelles ne les transforme pas, mais les rapproche de moi. La variation de vitesse fait de même sur l’observation du son. Nous avons tous, humains et non humains, des chronobiologies diverses.
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Musicalement, la variation de vitesse joue aussi sur la présence des sons, les distances qui nous séparent d’eux. Et avec ces distances augmentées par le ralentissement apparaissent les espaces, les profondeurs de champ, la résonnance des lieux, peut-être tels que les Mésanges les entendent.
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Sur cet extrait je suis deux octaves au-dessous, le son est donc 4 fois plus lent ! Ralentir le son d’un corps sonore, c’est comme doubler sa taille, son volume, la loi acoustique est la même que pour les instruments de musique… c’est comme si mes mésanges étaient aussi grosses que des pigeons.
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Et, pour finir mes essais préparatoires, je pense utiliser le chant enregistré sur l’ile d’Elbe que j’ai analysé en début de travail. Avec ce chant je travaillerai le discours musical, les figures… mais plus tard, je vais d’abord tenter d’avancer le fond… ça ne doit pas être un fond qui meuble et que l’on n’écoute pas, à lui tout seul il doit tenir !
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Aujourd’hui, je travaille la “voix de dessus” (sopra, soprano), le premier plan, la partie qui tient le discours (teneur, ténor).
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Le chant de l’oiseau, c’est le centre de la composition, il doit le rester, c’est le thème principal, l’idée centrale. Travailler le thème c’est le valoriser, en faire apparaitre le meilleur, le porter à l’oreille des auditeurs.
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Ralentir un chant pour y découvrir l’inouï.
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Je varie toujours les vitesses par moitié ou double, cela crée des relations d’octaves, ce qui n’ajoute pas des intervalles générant des caractères mélodiques qui ne seraient pas naturellement présents dans le chant de l’oiseau. Il y a chez moi comme une obsession à ne pas transformer ces chants, ne pas leur faire dire autre chose que ce qu’ils disent, même si je ne comprends pas tout.
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Comme j’avais fait des prises à haut niveau d’échantillonnage et comme je travaille cette question depuis de nombreuses années, je me réjouis d’obtenir une telle qualité sonore sur certains ralentis, qui deviennent révélateurs de mille détails passionnants.
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En composition, ici, chaque phrase devient pour moi un objet sonore, dans le sens schaefferien du terme : un objet est une entité, une entité qui, comme un objet, se manipule.
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Dans l’exemple ci-dessous je prends la 6ème phrase de ma petite séquence enregistrée sur l’ile d’Elbe, et comme un objet, je la manipule en lui faisant subir des ralentissements, et à chaque niveau de ralentissement je souligne un caractère particulier du chant de ma mésange.
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Il est très rare que je descende aussi bas dans mes ralentissements, ici jusqu’à 5 octaves… mais il est vrai que nous commençons dans le très aigu, et que curieusement, le timbre de la mésange est très “solide”.
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J’ai même fait une transposition à 6 octaves dans laquelle notre petite phrase approche une durée de deux minutes ! Mais je ne sais pas si elle trouvera une place musicalement intéressante dans la composition.
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Chaque numéro de L'INDICATEUR accorde en pied de page un espace à la présentation du travail d'un audio-naturaliste, d'un artiste ou encore d'une personne ou d'une structure jouant un rôle remarquable dans cette discipline. Aujourd’hui Claire DOUTRELANT
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à qui nous devons de très beaux articles dans le livre
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La Mésange et la Chenille, présenté dans le dernier numéro de l'INDICATEUR
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Regarder, entendre et comprendre le vivant, voici ce qui m’anime. Un buisson, un arbre, un coin de jardin suffisent pour regarder, écouter avec attention et découvrir ce bonheur de la rencontre avec des autres si différent·e·s. Même dans le brouhaha des voitures de Marseille, la mésange bleue pousse vaillamment son trille à l’aurore. Elle semble quand même un peu seule.
Je suis arrivée au chant des oiseaux un peu par hasard, car il s’agit d’un comportement, et le comportement animal me fascine depuis que, très petite, j’ai eu la chance d’observer les insectes les plus communs de mon jardin coopérer (des processions de fourmis), copuler étrangement (les gendarmes), et que, délicieusement enivrée par les parfums des fleurs, je me perdais dans la contemplation de mes contemporain·e·s non humain·e·s.
Les oiseaux sont tout simplement beaux, étonnants et mystérieux, et cela m’a motivée à les étudier. Cet attrait pour un monde inconnu et différent, de belles rencontres humaines et de si passionnants savoirs universitaires me permirent de passer la porte des questionnements et de la recherche sur la façon de vivre des oiseaux.
Mon parcours a commencé par un passage dans le ballet des oiseaux marins sur les côtes bretonnes. Un chouette coin du monde pour questionner l’utilisation d’informations publiques par les mouettes tridactyles : ces oiseaux observent-ils le succès de reproduction des autres pour choisir où se reproduire eux-mêmes les années suivantes ?
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Ensuite, ce fut la rencontre magique du printemps corse. Cette fois, la question était : la mésange bleue présente-t-elle, tels le bruant proyer, l’alouette des champs ou le troglodyte mignon, des dialectes ? Pour répondre, il fallait déjà comprendre le chant des oiseaux, ce que l’on disait dans les livres et articles scientifiques à ce sujet, puis aller sur le terrain pour documenter cette variation et faire des tests avec les mésanges.
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Quels facteurs pourraient expliquer l’apparition de dialectes chez la mésange bleue ? Hasard, pression de sélection ? Les résultats de ma thèse ont suggéré que le trille de la mésange bleue pourrait permettre de communiquer son identité spécifique à la mésange charbonnière, en plus de communiquer avec les autres mésanges bleues voisines.
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Rencontrer les mésanges corses, c’est aussi rencontrer la forêt si magique, les Corses, les grimpereaux qui courent le long des arbres, voir des perles de pluie sur les bruyères et, puis, jolis bonheurs : sentir les odeurs de cistes et observer les voltiges des grands corbeaux et des milans royaux dans le ciel.
C’est aussi entendre les sons métalliques des venturons corses dans les prairies, le son si différent de la sittelle corse et voir une belette affairée courir entre mes jambes.
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C’est se faire toute petite quand un magnifique renard se rapproche peu à peu chaque jour du compost de la maison cantonnière de Pirio.
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Aujourd’hui, chercheuse CNRS en écologie évolutive, je travaille sur la coopération chez les républicains sociaux dans le semi-désert du Kalahari (qui coopère, pourquoi et à quelle fréquence ?), et sur l’évolution en milieu insulaire (les oiseaux des îles ont-ils des caractéristiques proches entre eux, comme le gigantisme de ce columbidé géant qu’est le dodo, mais différentes du continent ?).
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Je travaille toujours aussi sur la mésange, mais en ce moment, ce sont surtout ses couleurs qui m’intriguent. Que disent ces mots qui ne sont pas des sons ? Que dit une crête ultraviolet-bleue qui se hérisse, et des ailes qui gonflent leurs épaulettes ultraviolet-bleues aussi ? Que dit la couleur des oiselles ? Car, en écologie comportementale comme en médecine aujourd’hui, on a maintenant le souci d’étudier les deux sexes, pas seulement le masculin. Et d’ailleurs, dans le domaine du chant, on a eu bien des surprises il y a 15 ans : il a été découvert que, chez la majorité des espèces d’oiseaux, les femelles chantent tout autant que les mâles. Il n’y a que chez nos espèces tempérées où le chant est rare, et encore : en automne, mâles et femelles de rouge-gorge chantent.
En plus de ces recherches sur la coopération et la couleur, ce printemps, je découvre les oiseaux des milieux ouverts. Les espèces des campagnes ont diminué de 45 % en 30 ans. Alors, avec Flora Maurel, dans le cadre de sa thèse, nous nous demandons si ce déclin se mesure aussi dans leurs chants. Avec une telle diminution des effectifs, il est malheureusement possible que la métaphore du printemps silencieux de Rachel Carson s’impose, mais est-ce que les chants sont eux-mêmes changés ? Voilà l’appréhension. Le chant des oiseaux, comme leur couleur, reflète leur condition, et les pesticides affectent la condition des oiseaux. Nous testons cette hypothèse selon laquelle leurs chants seraient moins beaux.
En tout cas, ce déclin massif est dramatique, et c’est une raison de plus pour boycotter ces substances mortifères pour les insectes, tous les vivant·e·s qui en dépendent et nous.
Comment penser changer notre monde pour qu’il fasse plus attention au commun que sont les oiseaux et prenne en considération chaque vivant·e de cette planète ? Je réfléchis à cette question avec le collectif Plumes et Racines, et nous tentons de partager ce monde si beau, fragile et fragilisé. Nombreux philosophes des sciences et antropologues y consacrent des ouvrages qui nous aident à bouger comme Jean Philippe Pierron, Virginie Maris, Philippe Descola, Pinocchi.
Mille actions sont possibles ; le pire n’est pas certain, comme aiment à le rappeler de nombreuses personnes.
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Références
Livres
Carson, R Silent Spring, Boston, Houghton Mifflin, 1962 (Printemps silencieux, 2009, éditions Wildproject, coll. « Domaine sauvage », trad. Jean-François Gravrand et Baptiste Lanaspeze)
Pierron, J. P. (2021). Je est un nous : enquête philosophique sur nos interdépendances avec le vivant. Éditions Actes Sud.
Philippe Descola et Alessandro Pignocchi (2022), Ethnographies des mondes à venir, Seuil
Delorme, D. (2025). L'autre rêve américain : un voyage à vélo vers le soi écologique. Actes sud.
Maris, V. (2010). Philosophie de la biodiversité : petite éthique pour une nature en péril (p. 130). Paris: Buchet-Chastel.
Poirier, C. (2023). L’altérité dans la nature : Chemins pour s’ouvrir aux existences autres qu’humaines(Doctoral dissertation, Université de Montpellier).
Ed Yong (2023) Un monde immense - Comment les animaux perçoivent le monde, Les Liens qui Libèrent,
Articles scientifiques
Briefer, E., Rybak, F. & Aubin, T. 2011. Microdialect and group signature in the song of the skylark Alauda arvensis. Bioacoustics 20: 219–233
Catchpole, C. K., & Slater, P. J. (2003). Bird song: biological themes and variations. Cambridge university press.
Covas, R., & Doutrelant, C. (2019). Testing the sexual and social benefits of cooperation in animals. Trends in Ecology & Evolution, 34(2), 112-120.
Doutrelant, C., Paquet, M., Renoult, J. P., Grégoire, A., Crochet, P. A., & Covas, R. (2016). Worldwide patterns of bird colouration on islands. Ecology Letters, 19(5), 537-545.
Doutrelant, C., Fargevieille, A., & Grégoire, A. (2020). Evolution of female coloration: what have we learned from birds in general and blue tits in particular. In Advances in the Study of Behavior (Vol. 52, pp. 123-202). Academic Press.
Draganoiu, T.I., Moreau, A., Ravaux, L., Bonckaert, W. & Mathevon, N. 2014. Song stability and neighbor recognition in a migratory songbird, the black redstart. Behaviour 151: 435–453
Geboes, A. L., Osiejuk, T. S., & Magain, N. (2025). Spatial patterns of local dialects of the declining Corn Bunting (Emberiza calandra) in three regions with different population densities and small‐scale landscape features. Ibis.
López-Idiáquez, D., Teplitsky, C., Grégoire, A., Fargevieille, A., Del Rey, M., De Franceschi, C., ... & Doutrelant, C. (2022). Long-term decrease in coloration: a consequence of climate change?. The American Naturalist, 200(1), 32-47.
Moreau, J., Rabdeau, J., Badenhausser, I., Giraudeau, M., Sepp, T., Crépin, M., ... & Monceau, K. (2022). Pesticide impacts on avian species with special reference to farmland birds: a review. Environmental Monitoring and Assessment, 194(11), 790.
Odom, K. J., Hall, M. L., Riebel, K., Omland, K. E., & Langmore, N. E. (2014). Female song is widespread and ancestral in songbirds. Nature communications, 5(1), 3379.
Rigal, S., Dakos, V., Alonso, H., Auniņš, A., Benkő, Z., Brotons, L., ... & Devictor, V. (2023). Farmland practices are driving bird population decline across Europe. Proceedings of the National Academy of Sciences, 120(21), e2216573120.
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Site web
Post scriptum :
Reconnaitre une espèce par son chant, ses cris, c’est saluer un.e amie qu’on a la chance de retrouver à différents endroits par hasard avec bonheur et intérêt pour la différence qu’iel présente si intrinsèquement de soi-même. C’est imaginer des couleurs, formes et mouvements emplis de vie quand le temps où les jumelles manquent pour voir de plus prêt cet être fait de plumes et os légers.
Collectif Myop, Arles 2025
« Nous suivons cet engagement d’aller au-devant du monde, d’en écouter les récits, d’en relater les bonheurs, les souffrances, la poésie. A la fièvre algorithmique qui falsifie le réel, nous opposons la complexité du vivant, la richesse des rencontre, l’énergie du temps long »
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