L’Indicateur ou, plus exactement, “Grand Indicateur”, en latin Indicator indicator, est un oiseau endémique de l’Afrique subsaharienne, pas très gros, pas très beau, de la taille d’un étourneau. Alors pourquoi emprunter son nom pour le prêter à une revue consacrée aux sons de la Nature, aux oiseaux, leurs chants, leurs musiques, leurs mœurs… ?

 

Parce que l’Indicateur est mystérieux… Nous sommes encore loin de savoir tout sur lui… nous manquons “d’indications”! Mais surtout il s’illustre, entre-autres, par deux comportements remarquables : le Mutualisme et le Parasitisme.

Le mutualisme, que d’autres appellent solidarité ou encore coopération, définit une interaction entre deux ou plusieurs êtres vivants. Au cours de cette interaction, il y a un bénéfice réciproque (il ne s’agit donc ici ni de parasitisme, ni de commensalisme). Et dans le cas de l’Indicateur, le mutualisme s’exerce depuis longtemps entre l’homme et l’oiseau, ce qui est assez exceptionnel ! Ce mode de relations inter-espèces, de plus en plus considéré et étudié depuis quelques années, apporte une nouvelle lecture des lois qui régissent la nature et l’évolution. A côté des lois de la concurrence, de la sélection naturelle et de la loi du plus fort, se font jours d’autres lois, souvent fondées sur la réciprocité ou l’échange, dont les fonctionnements, plus subtils, nous poussent grandement à la réflexion.

Cela rend notre Indicateur particulièrement sympathique, alors que, simultanément à son mutualisme exemplaire il a su développer une forme de parasitisme qui se trouve à l’opposé du mutualisme… tout au moins pour ce que l’on en comprend. En gros, l’Indicateur pose plus de questions que de réponses. Il nous met sous les yeux la fascinante complexité de la nature, et nous invite à constamment tout reconsidérer dans nos relations à un monde prétendu sauvage. Et c’est un peu ce que nous tentons de faire avec l’INDICATEUR, sorte de revue traitant des oiseaux, de leurs chants, leurs musiques, leurs mœurs. Il y est bien sûr question des oiseaux et du monde entier, mais avec une nette préférence pour ceux de nos campagnes, de nos forêts, de nos montagnes et de tous ces paysages fascinants qui nous entourent et nous sont plus ou moins familiers.

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Mais, en fin de compte, l’oiseau Indicateur, qui est-il plus précisément ?

Son alimentation se compose en grande partie d’abeilles (principalement les larves), de cire d’abeilles et aussi de termites. Toute la famille des Indicateurs se comporte ainsi : pour se nourrir on attaque les colonies très tôt le matin alors que les essaims sont encore engourdis. Mais aussi on cherche les ruches abandonnées et les restes laissés par les hommes ou des animaux comme le ratel (une sorte de blaireau) qui ouvre le nid, mange le miel et laisse la cire ainsi que les larves. Mais l’oiseau craint les piqûres et a du mal à ouvrir les nids… aussi pour arriver à ses fins, l’Indicateur a développé une forme de mutualisme : dès qu’il a repéré une ruche sur son territoire, il attire l’attention des humains (ou des Ratels) par des cris spéciaux. L’homme se rapproche alors de lui. À ce moment-là l’oiseau se met à voleter et reste le plus visible possible tout en continuant ses petits cris particuliers. L’homme le suit, puis, arrivé à la ruche, prend le miel et laissera les restes à l’Indicateur qui attend, perché à proximité. On prétend même que l’Indicateur reconnait les sifflements que font les hommes précisément pour l’appeler !

 

Mais notre Indicateur est aussi un grand parasite de couvée, de la même manière que le Coucou d’Europe que nous connaissons si bien! La femelle peut pondre jusqu’à une vingtaine d’œufs différents… dans des nids différents ! Dans des nids de Guêpiers, d’Hirondelles, de Martins pêcheurs… c’est à dire dans toutes sortes de nids situés dans des arbres, dans des trous et assez souvent dans des terriers.

À la naissance, le poussin est doté d’un bec solidement équipé d’un crochet qui lui permettra de tuer les jeunes oisillons de la nichée.

Et comme c’est le cas du Coucou de nos campagnes, il sera nourri par des parents adoptifs jusqu’au jour où il les quittera définitivement.

Enfin, chaque numéro de l’INDICATEUR accorde un espace en pied de page à la présentation du travail d’un audio-naturaliste remarquable.  déjà parus:

Denis Wagenmann, Marc Namblard, Boris Jolivet, Yannick Dauby, Douglas Quin…

Numéros déjà parus:

L’INDICATEUR N°1: LES FENÊTRES DE TEMPS : première partie, à propos de musique et d’instruments. Invité Denis Wagenmann

L’INDICATEUR N°2: LES FENÊTRES DE TEMPS : première partie, la question du Vivant (suite),le format des oiseaux. Invité Marc Namblard

L’INDICATEUR N°3: LES FENÊTRES DE TEMPS : troisième partie, la question du Vivant(suite) : structure des chants. Invité Boris Jollivet

L’INDICATEUR N°4: LES FENÊTRES DE TEMPS : quatrième partie, la question du Vivant (suite et fin). Invité Yannick Dauby

L’INDIACTEUR N°5: LE SOLFÈGE DE LA MÉSANGE CHARBONNIÈRE. INVITÉ: Douglas Quin